En début de semaine, je vous présentais la Frédérique Constant Horological Smartwatch, une pièce comme médiateur familial ayant pour ambition de réconcilier la tradition horlogère des montres mécaniques avec la modernité des montr-aïe… pardon, je viens de me mordre la langue… des « montres » connectées donc, le tout tarifé entre 950 et 1250€ la séance chez le psy horloger.

Une ambition pour le moins chevaleresque, tant la tâche semble de prime abord aussi périlleuse que désespérée.

Et pourtant, le preux et hardi chevalier de l’horlogerie Frédérique Constant n’est pas sorti les jambières devant de ce baroud comme guet-apens dans lequel il s’est seul jeté à cuirasse perdue dedans, puisqu’il s’en tire justement avec les honneurs.

Jugez-plutôt : une boîte en acier ou plaqué or rose entièrement polie, avec un vrai cadran et d’aussi réelles aiguilles pour un affichage véritablement analogique, le tout couplé à une application pour smartphone offrant les basiques fonctions des Smartwatches d’aujourd’hui.

Le verdict fut donc des plus simples à rendre, la Frédérique Constant Horological Smartwatch fait le job en qualité de smartwatch horlogère en proposant le minimum syndical des deux mondes analogique et digital, un peu comme une prestation de Jean-Michel À Moitié quoi.

Quid en effet des deux majors gimmicks iconiques de ces deux mondes respectifs, à savoir un mouvement mécanique pour l’horlogerie traditionnelle, et un affichage digital avec une véritable interaction haptique quelque part pour la gadgeterie connectée ? Hum !?

Et bah cherchez pas, y’en a pas.

Après donc avoir quitté la table de notre hôte l’Horological Smartwatch à l’issue d’un repas mi-figue, mi-raisin, rendons-nous céans à celle qui j’espère nous mettra une, deux, ou plus d’étoiles dans les yeux.

FREDERIQUE CONSTANT HYBRID MANUFACTURE

The world’s first 3.0 watch, rien que ça.

Bon c’est pas moi qui le dit hein, c’est Frédérique Constant.

Personnellement, je l’aurais appelé 2.1, comme une update corrective et additive traditionnelle de n’importe quel software.

Mais il faut néanmoins le reconnaître, le 3.0 est justifié, car la Frédérique Constant Hybrid Manufacture est bel et bien une mise à jour majeure comparativement à la bêta que représente l’OS Horological Smartwatch.

Car s’il manquait quelques organes à la chimérique Horological Smartwatch, le Shô Tucker de l’horlogerie façon Fullmetal Alchemist a cette fois injecté un peu de pierre philosophale horlogère dans son Hybrid Manufacture afin de rendre le résultat plus séduisant, et convaincant.

L’Hybrid Manufacture est en effet, enfin, dotée d’un véritable cœur mécanique, automatique de surcroît, et horologiquement (génétique horlogère) modifié pour accueillir un module électronique.

Répondant à l’explicite nom de calibre FC-750 Hybrid Manufacture, ce mouvement hybride, manufacture s’il-vous-plaît, de 26 rubis battant à une fréquence de 28800 alternances par heure possède une réserve de marche de 42 heures, et une autonomie de batterie rechargeable de 7 jours.

Ouaip, vous avez bien lu, la batterie, uniquement dédiée au module électronique et à la connexion en Bluetooth, est rechargeable !!

Un défaut de l’Horological Smartwatch avec sa certes confortable durée de vie qu’il est quand même franchement plaisant de voir corrigé ici avec l’Hybrid Manufacture.

Mine de rien, avec son mouvement automatique et sa batterie rechargeable, l’Hybrid Manufacture commence sérieusement à accomplir l’ambition inachevée de l’Horological Smartwatch !

Et avec style d’ailleurs.

Preuve en est avec son boîtier en 3 parties muni d’un bouclier antimagnétique (!!!) de 42mm entièrement poli, son verre saphir convexe, son fond ajouré qui réconciliera les déçus du fond plein de l’Horological Smartwatch, et son joli bracelet croco noir ou bleu.

En parlant de style, l’Hybrid Manufacture adopte un cadran à la fois élégant, raffiné, et puissant, avec une teinte tantôt argent ou bleu navy avec index imprimés, ou noir avec index en applique argenté, et une décoration guillochée clous de Paris.

Si le style du cadran est loin d’être aussi futuriste que le calibre FC-750 Hybrid Manufacture, il a au moins le mérite d’être terriblement moderne, et de caractère, notamment avec ses aiguilles entièrement polies à la main.

Tiens d’ailleurs, sur ce même cadran se regardent en chien de faïence deux compteurs, à 6 et 12 heures, auxquels le logo Frédérique Constant Genève Hybrid tient la chandelle.

Si l’un est mécanique, l’autre est quant à lui électronique. Mais alors, qui est qui ?

La réponse à cette énigme digne du Père Fougasse est mécanique à 6 heures, avec un compteur de date réglable via la couronne, et électronique à 12 heures, avec un compteur connecté pouvant délivrer trois types d’informations, et ajustable via le discret bouton poussoir jouxtant la couronne.

Okay c’est bien joli mais de quels types d’information s’agit-il exactement ?

Et bien c’est un peu au choix du client ! Il est ainsi possible d’afficher constamment la progression de l’activité physique, puis avec une pression sur le bouton sur la tranche un second fuseau horaire, et enfin l’état de la batterie avec deux pressions rapides successives sur ce même bouton.

Si arrivé ici vous commencez à sentir le jus monter dans votre membre horloger, au poignet quoi, et que vous vous dites en haletant : « c’est plutôt pas mal du tout jusque-là tout ça !! », alors arrêtez-vous là.

Oui, telle une séductrice castratrice, je vous l’ordonne Monsieur Gris, Christian de son prénom, arrêtez-vous là.

C’est frustrant, hein !?

Alors comme vous je m’en fous, je vais faire un tour aux toilettes, et je reviens après avoir satisfait mon petit plaisir solitaire.

Car oui nom de Zeus, Frédérique Constant n’avale pas, pardon, n’est hélas pas allé jusqu’au bout des choses.

Je m’explique.

Si l’Hybrid Manufacture communique avec votre smartphone via l’application mobile « Hybrid » (décidémment) en Bluetooth, et permet de suivre le b.a.-ba d’une montre connectée, à savoir l’activité physique, le cycle du sommeil, l’heure mondiale avec l’affichage d’un second fuseau horaire, ou encore l’état de la batterie, elle ne permet en plus QUE d’analyser le mouvement mécanique en mesurant sa marche, son amplitude et son repère.

Une coquetterie sur le papier capable de refiler la gaule à tout pêcheur horloger n’ayant pas trempé son petit verre dans l’eau-rlogerie depuis un moment, mais qui in fine n’apporte aucune réelle plus-value digitale par rapport aux rivales du monde éponyme.

Sauf pour quelqu’un travaillant au cosc ou bien à l’observatoire de Besançon. Et encore.

J’exagère, mais c’est un peu ça quand même.

Car le seul agrément de ce tracking du mouvement en temps réel, c’est quoi véritablement ?

Savoir quand il faut renvoyer la montre pour révision, et ainsi ouvrir un plan d’épargne pour économiser en conséquence ?

J’exagère une seconde fois, mais encore une fois justement, si j’applaudis sincèrement la prouesse technologique, non vraiment, chapeau bas Frédérique Constant, je ne suis absolument pas du tout convaincu de son utilité au quotidien.

Et donc de l’argument marketing et de la légitimité du prix au regard de ce même argument en conséquence.

D’autant plus que de vous à moi, soyons honnête, regarder des statistiques sur un écran de smartphone, c’est quand même vachement moins bandant que d’admirer directement le cœur d’une montre mécanique battre à travers un fond ajouré.

Alors verdict.

LE VERDICT DU CLAQUEUR DE DOIGTS

Ça peut paraître dur comme verdict, mais quand on sait et voit surtout la mégatonne d’innovations technologiques dans le digital et l’électronique au CES ou ailleurs tout on long de l’année, on est en droit d’attendre plus d’une montre qui se prétend connectée, sous-entendu pas simplement remplir cette fonction au premier degré, histoire de dire que c’est bon c’est connecté on a rempli le CDC, et basta.

Traditionnelle, oui, innovante, oui, connectée, oui, mais smart, non, et digitale, 9 9 9 (à prononcer nein, nein, nein !).

Cette Frédérique Constant Hybrid Manufacture est ainsi une belle pièce d’horlogerie aux fonctionnalités connectées qui ravira, peut-être ?, les frileux n’ayant pas encore osé faire le grand saut dans le vaste océan digital, mais hélas, pas vice versa.

En somme, vivement la prochaine world’s first 4.0 watch !

FREDERIQUE CONSTANT HYBRID MANUFACTURE FC-750DG4H6 – 3350€

FREDERIQUE CONSTANT HYBRID MANUFACTURE FC-750MCN4H6- 3250€

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